L’art en guerre 1938–1947 : De Picasso à Dubuffet. MAM

L’art en guerre 1938 – 1947

De Picasso à Dubuffet

Musée d’art Moderne de Paris

 

Jusqu’au 17 février

Affiche exposition Art en guerre au MAM

Affiche exposition Art en guerre au MAM

Informations pratiques :

Plan d’accès

Horaires d’ouverture :

Du mardi au dimanche de 10h à 18h

Nocturne le jeudi jusqu’à 22h

Tarifs :

Plein tarif : 11 €

Tarif réduit : 8 € (plus de 60 ans, enseignants, chômeurs, famille nombreuse)

Demi tarif : 5,50 € (jeunes 14-26 ans + RMIste)

Gratuit pour les moins de 14 ans

Comme beaucoup d’avis et de critiques sur cette exposition, je pourrais vous raconter comment le musée a réussi à réunir et accrocher prés de 400 œuvres représentant une centaine d’artistes dont je pourrais énumérer tous les noms. Je pourrais également m’attarder à détailler les 10 séquences qui composent l’exposition de manière chronologique et vous présenter les vidéos inédites et les outils documentaires mis à dispositions des visiteurs…

Mais bien d’autres sites ont très bien fait ce travail, je préfère donc essayer de questionner le fondement de cette exposition, me plonger (de manière hasardeuse je le concède) dans le pourquoi du comment l’art de cette époque a-t-il autant façonné notre vision de l’art moderne aujourd’hui ?

Et si l’art n’avait pas « fait la guerre à la guerre » ? 

Cette rétrospective artistique a soulevé de nombreuses questions, et apporte des pistes de réflexions pour obtenir certaines réponses que je vous laisse découvrir avant le 17 février.

Y-a-t’il un véritable parallèle entre la rébellion des artistes contre les consignes esthétiques imposées par les gouvernements (leur propagande totalitaire) et la volonté d’un peuple entier de vivre libre et en totale indépendance dans son propre pays ?

Dans ce cas, peut-on parler d’art patriotique ?

Admettons, comme le montre l’exposition, que les évolutions des perceptions artistiques de cette décennie sont vraiment liées aux bouleversements historiques subies en cette période de guerre.

L'Aubade, Pablo Picasso. 1942

L’Aubade, Pablo Picasso. 1942

Dans ce cas, l’art devient le reflet des mutations d’une société en péril notamment à travers les choix des matériaux (MATISSE, PICASSO, BONNARD) durant l’entre deux guerres où déchets et bout de ficelles se battent du duel sur les toiles assombries.

Roger Payen Boite d'allumettes 1944

Roger Payen Boite d’allumettes 1944

Marcel Duchamp, neuf moules malic, 1938 Exposition internationale du surréalisme

Marcel Duchamp, neuf moules malic, 1938 Exposition internationale du surréalisme

Il semblerait que la création artistique puisse même précéder ces mutations comme le montre en Janvier 1938 « L’exposition internationale du Surréalisme » montrant dans cette période de « montée des périls », le sentiment d’étouffement et de noirceur rapidement éprouvés par un pays entier quelques mois après. Peut-on alors s’aventurer à parler « d’art prémonitoire » ? (BRETON & DUCHAMP, BRAQUE).

Georges Braque, Le Duo. 1937

Georges Braque, Le Duo. 1937

Victor Brauner, Souffrance Souffrance 1941

Victor Brauner, Souffrance Souffrance 1941

Les évolutions des choix artistiques autant dans leurs symbolismes que dans l’esthétisme pur peuvent également devenir une conclusion d’une histoire terminée. Un rappel aux consciences et à l’Humanité de ce que l’homme a tendance à rapidement oublier, un devoir de mémoire dont l’art se fait le garant voir l’instigateur.

C’est la dernière partie de l’exposition révélant un art d’après guerre semblable à un miroir des souffrances infligées aux corps et aux esprits avec l’émergence de deux mouvements distincts : celui de la reconstruction et de l’art sacré (FOUGERON, PIGNON) et celui d’une fuite radicale vers l’abstrait, le déstructuré, l’impalpable art brut et le lettrage comme une nécessité de mettre des mots sur une terreur qu’il ne faudrait jamais oublier ni nier.

Joseph Soos, Il fait si chaud dans les baraques. 1943

Joseph Soos, Il fait si chaud dans les baraques. 1943

Alors si l’art n’avait pas fait la guerre à la guerre, les mutations artistiques observées existeraient-elles ?

Joseph Steib, Le conquerant. 1942

Joseph Steib, Le conquerant. 1942

A quoi ressemblerait la création artistique aujourd’hui si la guerre n’avait pas éclatée et fait exploser les carcans du conventionnalisme artistique au profit d’un art où le sens de la dénonciation devient crucial ?

Hans Hartung, T 1946-16, 1946

Hans Hartung, T 1946-16, 1946

Scandale, vous avez dit scandaleux ?

Une autre partie de l’exposition démontre à quel point les sociétés sont fragilisées lorsqu’elles sont terrorisées et comment il est facile de manipuler les foules via une propagande culturelle bien menée. En 1942, le Musée National d’Art Moderne ouvre ses portes au Palais de Tokyo, présentant de nombreuses toiles vidées de toutes allusions aux déchirements vécus par la société. Un art conformiste sans juifs, étrangers, personnes aux allures colorées ou affaiblies par une guerre qui se déroule pourtant tout autour. Quid des bombardements aux alentours de Paris, des enfants de la Patrie envoyés en front, des déportations et des emprisonnements… Quid de la guerre au final dans cet art creux et sans âme ?

Et pourtant, c’est sur une tout autre exposition que l’on a crié au scandale, à l’atteinte à la morale et à la pudeur… Scandaleuse ?

Otto Dix ,Portrait d'un prisonnier de guerre. 1945

Otto Dix ,Portrait d’un prisonnier de guerre. 1945

La courageuse Galerie Jeanne Bucher qui a osé, à la même période, présenter les œuvres de ces artistes pointés du doigt et publiquement considérés comme « dégénérés » par les propagandes totalitaires. On entend par ces « fous » évident ceux que l’on appel les génies aujourd’hui : Klee, Kandinski, … Et que dire de Picasso qui fût interdit d’exposition… Et que penser de l’exposition Mirobus, Macadam et Cie de Dubuffet à la Galerie Drouin ?

Vassily Kandinsky, Sans titre, 1940

Vassily Kandinsky, Sans titre, 1940

Ce qui fût scandaleux en 1942 s’arrache aujourd’hui à prix d’or sur le marché de l’art et fait le bonheur des sociétés d’enchères. Cet art dégénéré, le mot est fort, est devenu un modèle de création, la naissance d’un courant inspirant moultes autres artistes reconnus comme talentueux et vertueux.

Scandaleux ? Vous avez dit scandaleux ? Ce que l’esprit humain peut être faible par moment !

Marc Chagall, Résistance et les autres. 1948

Marc Chagall, Résistance et les autres. 1948

Et allez pour finir et pour le plaisir de me contredire, une petite énumération des artistes majeurs croisés au cours de l’exposition : Braque, Dubuffet, Duchamp, Giacometti, Klee, Kandisky, Picasso, Joseph Steib, Soulages, Arp,…

Et pour découvrir d’autres artistes eux aussi partis en guerre avec leurs pinceaux et leurs toiles c’est par ici sur Culturetoi.fr

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