Ernesto Novo : l’homme aux pinceaux festifs

Rencontre avec Ernesto Novo

L’illustrateur aux multiples facettes

ernesto novo

ernesto novo

Ernesto Novo, l’artiste qui aime détourner les symboles et créer en musique sa propre réalité. Sans prise de tête, avec une simplicité et une pertinence plus qu’appréciables, il nous fait entrer dans son univers festif, musical et artistique.

A travers cette interview, c’est différents univers culturels qu’Ernesto Novo nous fait traverser : live painting pendant les soirées à la Bellevilloise, au pavment artist dans l’Amérique des années 90’s en passant par la publicité pour le dentifrice et la crise alimentaire en Somalie, sans oublier l’univers du cinéma, de la presse et même du design textile.

Un homme complet descendant des influences pop art qui nous entraîne dans son tourbillon créatif où l’on plonge avec grand plaisir.

Qui est Ernesto Novo ?

C’est un Melting Pot entre infographie, graphisme, peinture et live painting.

Quand et comment tout a commencé ?

Je dessine depuis tout gamin, mes premiers souvenirs de dessins remontent à mes 6 ans. J’ai ensuite fait 2 ans de prépa à Nice et 6 ans d’Art Déco à Strasbourg.

Tes premières expériences en tant qu’artiste ?

ernesto novo pavment artist

ernesto novo pavment artist

Je voyageais pendant l’été et je dessinais à la craie sur les trottoirs des villes que je visitais pour les vacances. Je vivais de ce que les gens me donnaient. C’étaient mes premiers pas en tant que « pavement artist » et une belle rencontre avec la rue. J’ai pu voyager en Ecosse, en Angleterre, à travers Europe et à Los Angeles, au Japon, en Afrique pendant 5 à 6 ans durant les étés.

Je me suis rendu compte que quand j’arrêtais de dessiner sur le sol, les gens s’éloignaient. Le grand public préfère voir le travail en train de s’accomplir plutôt que l’œuvre achevée.

C’est le même principe que les souffleurs de verre, c’est pendant la création que la magie opère. Alors je dessinais sans arrêt, toujours être en mouvement…

Illustrateur de presse, infographiste, décorateur d’intérieur, performance live, milieu de la mode, de la nuit et même une église… Les terrains de jeux d’Ernesto Novo sont variés, comment choisis-tu tes projets ?

Je n’ai pas vraiment de ligne directrice, je fonctionne plutôt aux coups de cœur, aux opportunités qui se présentent. La Paroisse en Corse par exemple, j’avais 20 ans et c’est un projet qu’on nous a proposé avec un ami. J’en garde de bons souvenirs même si ça a mis à l’épreuve l’endurance de mes mollets sur les échafaudages ! (rires)

Je peux faire des performances de 20 minutes ou de plusieurs soirées dans le cadre du festival Soul Jazz en Provence http://www.saintpaul-souljazz.com selon les projets. C’est cette variété qui me plait.

Il y a ce gros projet de fresque en Corse qui a nécessité 4 semaines de travail, d’autres fresques ont nécessité quelques jours par exemple à Paris à La Favela Chic (10e) et au restaurant mexicain La Taqueiria (11e).

Et il y a des sessions de quelques heures pour les performances live. Ca peut ne durer que le temps de quelques chansons comme pour Imany où j’ai réalisé un portrait en live pour les 25 ans de Paris Première.

Ernesto Novo "Imany"

Cliquer sur l’image pour voir la vidéo
Copyright vidéo : Corentin Soibinet

Je garde un excellent souvenir de la prestation au Grand Palais où j’ai peint 16 minutes sur scène devant 3 000 personnes ! Vidéo de la prestation

Pour l’hôtel Holyday Inn Express nous étions 3 artistes invités pour une performance d’une heure chrono. Vidéo de la prestation

Certains projets se déroulent sur une journée. Pour l’opération Play Me I’m Yours, il fallait designer un piano mis ensuite à disposition dans la capitale. Avec deux assistants (Fred et Joyna) , ça nous a quand même pris près de 7 heures…

ernesto novo. son piano pour "play me im yours"

ernesto novo.                                   son piano pour « play me im yours »

http://streetpianos.com/paris2012/

Y-a-t’il une unité dans cette variété de projets et de secteurs dans lesquels tu t’exprimes ?

S’il y en avait une ce serait « pas d’égo, plus de boulot » Je ne me prend pas au sérieux (rires).

Je pense que les gens m’aiment parce que je suis inclassable.

Même si ma peinture est souvent décrite comme « urbaine » je me sens plus issu du pop art que du street art. Je ne peint pas de murs dans la rue.

Mon mur à moi c’est le web et je suis actif sur le wall via mon facebook et mon site.

 

On remarque quand même un élément prédominant dans ton univers, c’est la musique qui est quasi omniprésente soit en arrière plan soit comme partie prenant de ton processus de création… Dis nous en un peu plus…

Quand je dessine, j’ai toujours un casque et du son dans les oreilles c’est vrai. J’ai toujours adoré sortir, danser, aller en concert et faire la fête. J’étais face à un dilemme : quand je dansais, je ne pouvais pas peindre et seul dans mon garage/atelier face à mes toiles, je déprimais…Donc j’ai lié les deux c’est à dire peindre dans des soirées en club.

La peinture live c’est ma solution : je danse, je délire et je crée

Cliquez sur l’image pour accédez à toutes les vidéo de live painting
La musique a toujours pris beaucoup de place dans ma vie. Elle peut modifier mes traits selon si le son est énergique, funky ou jazzy. Maintenant beaucoup de mes projets se construisent autour de la musique : je suis résident une fois par mois à la Bellevilloise comme live painter pour les soirées Big Bang Gang Party. On fait parfois appel à moi pour des clips ou des vidéos musicales dans lesquelles je peins en arrière plan. J’ai aussi designé le disque de platine d’Imany cette année.

J’aime cet univers festif et musical. Je soutien des potes Dj en les suivant dans des lieux differents et en sortant le plus souvent possible à la Bellevilloise, la Favela Chic, au Trianon ou encore à l’Alimentation Générale (rires)

Tu travailles beaucoup sur des grands formats, quel est ton processus de création ?

Les grands formats c’est « défoulatoire » pour moi.

La journée je suis sur ma palette graphique devant mon ordi alors j’ai besoin de retrouver une peinture plus gestuelle le soir et le week end, c’est comme une respiration pour moi.

Tous les tableaux que je fais sont d’abord ébauchés en infographie. Je fais du sur-mesure, je calibre le dessin, choisis les couleurs en amont. Il y a beaucoup de travail préparatoire pour me permettre de m’éclater pendant l’élaboration de la toile et laisser un peu de place à l’improvisation dans la couleur pendant la création, j’aime ce côté hasardeux.

Je travaille beaucoup à l’acrylique. Je m’éclate aussi au Posca et avec des pochoirs, parfois j’utilise le balai ou le rouleau sur les grandes surfaces. J’aime aussi peindre avec mes mains…pourquoi pas avec les pieds et les pattes de mon chien un jour (rires).

Tu te revendiques plus comme un descendant du mouvement pop art, quelles sont tes sources d’inspiration ?

Clairement le pop art oui. Je m’inspire de vieilles vidéos sur internet dans le style « Soul train 70’s ». J’aime tous ce qui vient de la junk culture, la culture kitsch aussi… Tout ce qui prend ses racines dans la culture populaire.

J’ai également des cartons remplis de carnets de croquis accumulés depuis tout jeune, je puise dedans pas mal d’idées.

J’aime télescoper les époques et les styles d’images en faisant des copier coller improbables.

J’utilise la culture pop art pour détourner et m’amuser avec ses symboles.

Internet, les bouquins, les photos que je prends, les films, les jeux vidéos et les dessins animés… J’aime mixer ces éléments et détourner leurs significations. J’ai par exemple fait un hommage à Bruce Lee dans les 80’s ou un tableau à partir d’une publicité pour dentifrice.

Ces créations deviennent des pieds de nez à l’art contemporain en atterrissant dans des petites galeries émergentes.

J’ai croisé sur ton site des peintures du Dalai Lama, de DSK, ou encore la série « Mon festival de Cannes », plus que du détournement de symboles, y-a-t’il un engagement derrière ton art ?

Le Dalai Lama ou encore Steve Jobs ou DSK sont des travaux pour la presse, j’ai aussi représenté de grands sportifs. Il n’y a pas de réel engagement derrière ces œuvres.

Je suis plus là pour le fun, mais quand je m’engage j’ai tendance à aller vers le trash. J’ai fait une toile sur la Somalie via un projet de one.org du chanteur Bono du groupe U2, mais ça n’a pas plus, j’ai été trop loin pour eux…

Vraiment, je pense être plus dans le détournement que dans l’engagement.

Le projet sur Cannes et les Jeux Olympique 2012, illustre assez bien mon état d’esprit : un pied de nez à l’effervescence énorme autour des stars/produits.

Jouons ensemble ! Un secteur un projet :

La mode ?

En ce moment je fais des tee shirts pour la marque Wrung en édition limitée (sortie mi – Août). J’ai aussi fait une performance live le 21 juin sur leur vitrine aux Halles de Paris.
http://blog.wrung.fr/2011/09/ernesto-novo/
Mon partenaire : http://www.wrung.fr/

Les expositions en galeries ?

J’ai attendu les années 2000 pour faire ma première exposition. Je ne le sentais pas, j’ai mis longtemps avant de montrer mon travail.

L’infographie de presse ?

Je suis infographiste depuis 20 ans, alors j’en ai vu des projets. J’ai illustré dernierement : l’affaire Mohamed Merat à Toulouse, la tuerie dans le cinéma pendant la projection de Batman, etc. J’ai fait mes premières armes d’illustrateur pendant 7 ans à « Studio Magazine » qui traitait de l’actualité cinématographique.

Le live painting ?

Résidant à la Bellevilloise. À voir tous les 2eme vendredi du mois pour les Big Bang Gang Party à partir de 23h. Rendez vous le Vendredi 14 Septembre pour ma première perf de la saison avec des invités avec moi sur scène.

 

Le cinéma ?

J’ai fait quelques petites apparitions comme DJ dans les films de Jan Kounen dans Doberman et 99 francs. Pour Gaspard Noé, j’ai travaillé sur le graphisme de certaines de ses affiches.

Un grand merci à Ernesto, merci à l’homme pour sa gentillesse et à l’artiste pour son travail exceptionnel. Un bel échange, un tour d’horizon assez large d’une peinture urbaine qui s’affiche sur les murs virtuels de la toile.

Mon site : www.ernestonovo.fr
Ma chaine Vidéo perf sur Vimeo
Facebook :  ernesto novo parisian painter

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Comments
2 Responses to “Ernesto Novo : l’homme aux pinceaux festifs”
  1. Un superbe artiste que j’ai eu l’occasion de découvrir dans une galerie Nîmoise !

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