Rencontre avec Pole Ka, quand une imagination aiguisée s’affiche sur les murs

Rencontre avec Pole Ka

 

 

pole ka
pole ka
 Culturetoi rencontre Pole Ka, une artiste discrète dont les créations s’affichent sur les murs de Paris depuis plus d’un an. Pourtant cela fait plus longtemps que Pole Ka couche ses visions sur du papier. Des traits fins, un style travaillé pour des images aiguisées qui attirent le regard.
On y découvre un univers onirique peuplé de coupes chirurgicales et de personnages imaginaires…

Qui est Pole Ka ? Quel est ton parcours ?

J’ai commencé mes études à Reims à l’ESAD, mais je me suis assez vite rendu compte que le système des « grandes » écoles d’art n’était pas pour moi, ça s’est un peu mal terminé…

J’ai débarqué à Paris il y a 5 ans pour étudier pendant 3 ans à LISAA, une petite école conviviale vraiment orientée sur le travail de l’image et sur l’illustration. C’est dans cette école que j’ai eu le « déclic »…Alors que j’étais encore étudiante on m’a proposé des projets d’illustration de livres et j’ai du jongler entre mes études et ces différents travaux.

Ces études m’ont appris à développer des concepts de manière nébuleuse et m’ont permis de maîtriser des techniques mais sur le plan artistique j’explorais déjà quelque-chose de personnel.

Mon nom « Pole Ka » est un dérivé de mon tout premier pseudo, celui que j’utilisais quand j’ai commencé à me promener sur le net…

Quand est ce que tout à vraiment commencé ?

J’ai toujours dessiné et j’avais déjà une affection particulière pour les squelettes étant gamine…
Eden's Tree Of Death by Pole ka

Eden's Tree Of Death by Pole ka

J’apprenais l’aquarelle chez une vieille dame, je peignais des natures mortes et des paysages, tout ce qu’il y a de plus classique ! Mais c’était une découverte, la maîtrise d’une nouvelle technique… que j’explore encore maintenant.

 Tu dessinais des squelettes et maintenant tes dessins montrent souvent ce qu’il y a sous la peau, tu dévoiles l’anatomie de tes personnages, on dirait presque des coupes chirurgicales, pourquoi ?

C’est dû en partie à la profession de mes parents – tous deux médecins; j’ai toujours eu le nez dans leurs bouquins d’imagerie médicale. Ma famille baigne dans le milieu médical, c’est donc une grande source d’inspiration.

Et je suis de toute façon très attirée par tout ce qui a trait de près ou de loin à la chair…
dissection 2 by Pole Ka

dissection 2 by Pole Ka

Comment es-tu passée du papier au mur ?

C’est grâce à Fred le Chevalier et Tristan des Limbes, deux artistes qui collaient déjà et qui m’ont dit « viens essayer avec nous ». J’avais un peu d’appréhension au début quant à certaines réactions (c’est pourquoi j’ai mis un peu de temps à m’y mettre) et je me disais que ça allait peut être paraître agressif une fois dans la rue. Finalement les remarques ont globalement été positives. Coller à plusieurs permet de se sentir moins « désarmé » face à certaines réactions étranges, et puis c’est surtout agréable !

Une anecdote à propos de ces rencontres dans la rue ?

 Une fois, on a collé sans le savoir sur le mur d’une école maternelle. Tout un tas de joyeusetés : crânes, personnages découpés, dissections…. On s’en est finalement rendus compte au moment de la sortie des classe et là, les remarques des parents ont fusé « Vous exagérez, c’est quand-même dur pour nos enfants !»…

Les enfants ont sûrement été finalement moins dégoûtés que leurs parents… Mais les dessins n’ont pas dû rester collés bien longtemps.

Comment choisis tu tes murs ?

 Je n’ai pas de critère spécial, j’évite juste de coller sur des façades d’immeubles propres ou de monuments particuliers ou historiques, question de bon sens…!

J’aime les murs délabrés où des gens sont déjà passés. Des murs crades.


Y-a-t’il un message derrière tes dessins ?

Il y a des idées et des thèmes récurrents mais je n’ai pas de message particulier à délivrer, mes dessins sont des visions, des images que j’ai en tête et que je m’applique à reproduire sur papier.

Mais de manière générale j’aime les choses qui bousculent, qui provoquent une réaction, j’espère que c’est le cas de mes dessins.
pole ka collage

pole ka collage

Est-ce que tu fais voyager tes créations ?

Moi, pas tellement pour le moment, je colle surtout à Paris et quelquefois à Reims.

Mais mes dessins voyagent, grâce au projet « Street art without borders ».

Le principe : des images d’artistes sont récoltées puis collées un peu partout dans le monde. Eric Maréchal, photographe à l’origine de ce projet, nous envoie ensuite les photos de nos dessins mis en scène dans différentes villes. Ça m’a permis par exemple de voir certains de mes collages devant le musée Guggenheim de Bilbao ou bien à Sao Paulo sans y avoir mis les pieds.

Et tu n’envisages pas de faire des collaborations ? Avec qui aimerais-tu travailler ?

Si, mais pas forcément avec d’autres dessinateurs. J’adorerais travailler pour des musiciens que j’admire, par exemple. J’ai déjà planché sur quelques pochettes d’albums, notamment celle d’un album de Nicolas Dick, dont j’aime beaucoup le travail.

supersoft, pochette d'album by Pole Ka

supersoft, pochette d'album by Pole Ka

La musique à donc un rôle important pour toi. Dis-nous en plus…

Oh oui. Je dessine tout le temps avec de la musique. Je suis sensible aux ambiances qu’elle dégage, et cela contribue à faire naître des images.

La musique influence t’elle vos dessins ?

C’est un flux en fait.

La musique est importante dans mon processus de création.

Si j’écoute quelque-chose d’oppressant, lourd, cela va sûrement orienter mon dessin d’une autre manière que si j’écoute quelque-chose de plus calme, plus « lumineux »… Quelque-fois aussi je peux partir juste du titre d’un morceau…

Pole-Ka-

Pole-Ka-

Quels sont tes projets du moment ?

J’ai exposé à « la Trappe aux étoiles » avec Tristan des Limbes il y a quelques semaines. Je participe actuellement à une expo à « L’art de rien » dans le 18 ème. « Désutopies » est un regroupement d’une trentaine d’artistes. Il y aura peut-être une autre expo à Reims et à plus long terme la sortie de plusieurs livres illustrés.

Un de mes projets du moment est de finir enfin ma propre version du tarot de Marseille.

Les cartes sont très riches, avec beaucoup de symboles, j’en fais ma propre interprétation en prenant beaucoup de libertés… Mais avec 75 cartes au total, c’est un travail de longue haleine !

Merci à Pole Ka de s’être prêtée au  jeu. Un bien bel échange à garder en mémoire…

Et pour en savoir plus :

Le site de Pole Ka

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